
L'Atelier à débuté en 2003, sous l'impulsion
du Programme de Soutien aux Arts Plastiques
de la Communauté Européenne. Deux premières expositions
ont eu lieu à ce moment-là
à Brazzaville et Pointe Noire.
Puis il a été repris et approfondi en 2005 par l'AFFA avec
l'organisation de sa monstration lors de la biennale de Bamako.
(introduction à l'exposition de l'Atelier,
catalogue des 6émes Rencontres de Bamako, 2005)
L'Atelier à été initié en écho à
la volonté exprimée par un groupe de photographes de s'engager
dans une autre pratique de leur médium, de s'affranchir des limites
imposées par leur routine de la commande commerciale, d’embrasser
l'histoire et le contemporain de la photographie pour y prendre place
et s'ouvrir à l'émulation que suscite les Rencontres à
l'échelle continentale.
Au fil de nos heures d'échanges d'expériences, de consultation
d’une bibliothèque de voyage, du visionnage de documents
vidéo et de sites de la Toile, l'axe central de l'Atelier a été
de conforter chacun dans la démarche qu'il avait à définir
pour lui, face au groupe, et l'enracine dans son histoire personnelle.
Dans ces premiers travaux, tous se sont d’abord attachés
a l'intention humaniste de témoigner, comme en urgence, du vécu
de la société Congolaise. Regards acerbes, qui se veulent
en relation directe avec les aspirations de la population. Ils ont cherché
à construire des images empreintes d'émotions, composées,
frappantes, comme pouvant contenir tout l'universel, pressant chacun,
en retour, de ressentir l’âpreté, les forces et beautés
mêlées, déployé, dans le quotidien.
On ne trouve facilement qu'un seul type de film sur place, de la couleur
en 100 iso. L’Atelier a aussi été l’occasion
de renouer avec l’utilisation du dessin du Noir & Blanc.
Les photographies présentées sont les premières images
réalisées dans cette nouvelle exigence que chacun s'est
fixé, en n'ayant que quelques semaines pour passer du désir
de faire à la prise de parole, pour explorer ses motivations, ses
moyens, affirmer des choix techniques et esthétiques. Il n’y
a pas eu de magie flatteuse à rechercher dans les accidents ou
les marges de leurs travaux, mais donner à voir, restituer au plus
près l’humour, l’œil critique ou le sens de la
proximité et l’énergie de tous. Mémoire des
uns, réflexions et fragments du quotidien.
Malgré les vies déchirées par les actes de guerre
et les archives détruites de beaucoup de photographes de Brazzaville,
il a été enrichissant de rencontrer et revisiter ensemble,
à Pointe Noire aussi, les œuvres de photographes les ayant
précédé, des hommes remarquables, et de faire se
renouer des liens.
Une rupture, un écart paraissait installé dans la transmission
du savoir et de la pratique photographique. Provoquée sans doute
par l'essor des laboratoires couleur qui ont permis ,au-delà du
service rendu aux amateurs, à tout possesseur d'appareil photo
de s'introniser photographe professionnel travaillant en couleur, mais
brisant par contre coup la photographie N&B et son initiation par
la chambre noire. Cette révolution à permit à beaucoup
de vivre, bien heureusement, de ces images faites pour être vendues
le jour même de l'évènement. Mais face à l'urgence
du quotidien, paraissaient perdus, le soin apporté au négatif
traité soi-même, l'archivage, l'autonomie et l’efficacité
liée aux conditions parfois difficiles de l'exercice du métier,
longévité et conservation des négatifs et tirages.
Même à l'heure du numérique, ces hautes qualités
des aînés sont un héritage qu'il m'a paru important
de leur rappeler de s'approprier. Ils s'en sont saisis.
David Damoison

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