l'Atelier photographique


Huguette Diane BOUNGOU

528 NKÔ plateau des 15 ans
Brazzaville

tel: 242-532 36 57
huguettephoto@yahoo.fr


Photographe à Brazzaville.

Depuis que je suis dans le monde de la photo,
il ne m’avait jamais traversé l’esprit qu’il y avait
tant de choses qui se passaient en ville. Je me disais,
qu’un jour je devrais me déplacer vers les campagnes
pour chasser des images insolites.
Or, il y a plein de choses en ville, qui passent
parfois inaperçues.
À cinq heure du matin, c’est l’heure ou les usagers
se rendent à la gare pour acheter leurs tickets
voyageurs. Mais c’est déplorable, ils sont là,
debout, à la queue leu leu, se frottant les uns les
autres pendant plusieurs heures. Le fait de voyager
devient un casse-tête chinois, mais comme les
gens n’ont pas assez de moyens pour se payer l’avion,
ils sont contraints à se soumettre à de telles
conditions. J’ai eu pitié d’eux, à 11 heures, ils
étaient encore là, imaginez à quelle heures ils ont
pu quitter la gare. Parfois, on apercevait dans les
coulisses des agents qui négociaient des passedroits
pour avoir plus vite un billet…Voyager c’est
bien, mais il faut prendre des risques, et qui ne
risque rien ne voyage pas. Vous vous êtes préparé,
le coeur en émoi, des heures debout, attendant le
dernier mot du chef de gare qui se fait attendre
aussi. De l’autre côté, les voyageurs qui n’ont pas
pu attraper de billet la veille, ils sont dans la cour
en train d’errer avec des bagages qui pèsent. Que
voulez-vous, c’est le seul moyen, ce train de voyageur,
une fois par semaine…
Alors pour moi, c’est aussi la première fois que je
prends le risque de faire ce genre d’images, de
changer de méthode de travail. Dès que j’ai braqué
l’appareil sur le sujet, les gens ont commencé à
prendre des dispositions ne sachant pas ce que
j’allais faire de ces images. J’ai préféré la jouer
dans la discrétion, sans regard sur le sujet, avec
les distances et les ouvertures. Aussitôt, je me suis
fait voyageuse, un sac au dos, tenant mon appareil,
et j’ai fait mon travail dans la ruse. Mais ce ne fut
pas facile, j’ai vu des gens chuchoter se demandant
ce que je faisais.
Chez nous, il n’est pas coutumier
de voir une femme exercer ce métier. J’ai compris
que ce genre de travail me ressemble vraiment,
puisque personne ne saura exactement ce que tu
fais alors que tu chasse des images. Je souhaite
que cela devienne pour moi une habitude, sauf que
d’attraper des films de 400 asa noir & blanc c’est
difficile. Sinon, je ne ferais peut-être plus que cela.

16 en Noir & Blanc

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